samedi, 17 octobre 2009

Déménagement

"C'est l'heure", comme dirait Rafiki.

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Mon blog migre vers une interface plus pro' dont j'ignore encore toutes les subtilités, mais je ne recule jamais devant une nouvelle aventure. Les anciens commentaires ne bougeront pas d'ici, ils ne sont pas parvenus à effectuer le voyage. Ce sont les seules choses qui resteront derrière car je n'ai rien perdu de ma... hum... subtile honnêteté.
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vendredi, 16 octobre 2009

The double arnaque

AH. Après avoir été brutalement rejeté par l'auto-école de banlieue, j'ai contacté la préfecture pour en savoir plus. Basculé de standard en standard, je suis finalement parvenu à joindre une interlocutrice dont les propos furent très clairs :

- Si l'auto-école ne veut pas vous prendre au motif que la préfecture ne leur délivrerait pas de place, dites-leur de m'appeler, c'est qu'ils ne connaissent pas le règlement. La préfecture génère une nouvelle place à chaque étudiant inscrit, alors il ne peut pas y avoir de problème de ce côté-là.

Investigation Power Triumphs !

Mais bon, est-ce que je vais bien m'entendre avec une école à qui l'on aura forcé la main pour qu'elle me prenne ? Je rappelerai l'auto-école quand j'aurai un moment de libre. La suite tout à l'heure.

jeudi, 15 octobre 2009

Des fourmis dans les jambes

podcast

Je mets le morceau en début de post en espérant que vous lirez "Je n'en peux plus d'attendre" au moment où Alicia chantera "I can't wait, I can't wait, I don't wanna wait". Faites en sorte d'être synchros, hein.

1) Une seule chose me turlupinait depuis mon arrivée à Poudlard. D'ordinaire, ou du moins à l'époque du temps jadis où j'étudiais le droit et la science politique à la fac' (ah ! la fac'... ses amphis à moitié vides dès le troisième cours, ses TD que l'on peut rater sans avoir à se justifier, ses profs séniles et incompréhensibles mais non, pas toi, Saroumane, et ses chargés de TD le-gen-da-ry !), je regardais le monde s'agiter à mes pieds sans prendre part à la cohue, parce que je le dominais de toute ma hauteur. Du haut de mon mètre 79, je pouvais silencieusement mépriser les petites gens, les regarder de haut et me gausser de leur infériorité. *rire maléfique* Mais à Poudlard, mon monde a été bouleversé. Je ne sais pas sur quels critères Albus Dumbledore s'est fondé pour le casting, mais la plupart des gens font au moins ma taille. Du coup, je me sens menacé dans mon accès à l'oxygène et dans ma capacité à être cinglant. Il me fallait y remédier. Oui, mais comment ? La méthode... Comment l'appeler ?... La méthode Fudge ! Mais oui, mais c'est bien sûr ! Fudge, le ministre de la Magie, toujours actif quand il s'agit de brasser de l'air. La méthode Fudge, donc. En images. (Ce qui vous oblige à mettre la musique en pause, par contre.)

 

 

Non, je ne pouvais pas. On n'a pas le droit de venir avec son majordome à Poudlard, alors j'aurais dû porter mon estrade mobile moi-même. J'ai finalement décidé de faire l'acquisition de bottines montantes avec une grosse semelle en-dessous, histoire de revenir dans la cour des grands. Je n'en peux plus d'attendre.

 

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2) Le permis. Évoqué ici, il revient là. Le couperet fatidique de la date butoir est tombé : nous avons jusqu'au 15 janvier pour obtenir le permis de transplaner. Au-delà, nos missions au sein de la Presse Quotidienne Régionale sont "gravement compromises". Mais cela ne veut pas dire que l'on pourra, bonheur suprême, rester à Paris. Non, non, non. Alors je dois absolument passer l'examen avant le mois de janvier.  Alors, ne pouvant plus attendre, j'appelle une auto-école qui m'a été chaudement recommandée :

- Oui, bonjour. J'ai eu mon code et j'ai fait 18h de conduite, mais j'aimerais m'inscrire chez vous.
- Ce ne sera pas possible, Monsieur. On ne vas pas vous prendre. Parce que la préfecture blablabla les places prioritaites blablabla c'est pareil ici blablabla.
- MERCI, AU REVOIR.

Demain, j'appelle la préfecture et j'essaie de comprendre. Je vais mener mon enquête. Parce que son explication ne tenait pas debout (ça se saurait si la même préfecture s'occupait de Paris et de la banlieue, et c'est quoi ces places prioritaires ?). A mon avis, ils ont juste peur que je ne dépense pas assez chez eux vu mon avancement, du coup, je ne serais pas rentable. Je ne peux plus attendre.

3) J'ai des fourmis dans les jambes. Une envie folle d'arpenter Paris et de poser des questions, de savoir, de dire, de retranscrire. Ordinateur sous le bras, les sorciers de la promo' resteraient en contact via Twitter et se tiendraient informés de leur position sur Google Maps. Avec en bonus des liens, des photos et des vidéos Youtube insérés sur le blog de chacun. Et à la fin de la journée, nous retracerions la chronologie de nos aventures sur Dipity. Je ne peux plus attendre.

4) Revoir la CAC. Je ne peux plus attendre.

mercredi, 14 octobre 2009

The October Issue

Je suis sorti de cette leçon inaugurale avec une boule dans la gorge. Je pensais que Saroumane (car c'est ainsi que je le perçois), que j'évoquais ici, était un bonhomme gentil placé là dans des circonstances pas très reluisantes, mais gentil, quoi. Et en fait, Saroumane m'a tuer, comme dirait Omar.

D'une, ses propos étaient noyés dans une espèce de borborygme sonore pas très clair. Le micro n'était vraisemblablement pas réglé pour la hauteur de sa voix, puisque lorsque d'autres interlocuteurs sont intervenus, c'était déjà mieux. Pour un homme de radio, je crois que c'est quand même un comble. D'autre part, je n'ai pas vraiment saisi le rapport entre "Grandeurs et misères du journalisme d'aujourd'hui", le thème de la leçon, et son récit, dans la mesure où il s'est contenté de retracer son parcours de façon autobiographique. La misère devait correspondre à sa naissance en Normandie et la grandeur à sa vie parisienne (hin hin). J'ai immédiatement compris que je ne pourrai jamais m'entendre avec lui lorsqu'il a révélé qu'il se voyait finir son existence à la campagne en compagnie de son potager. Heureusement que sa femme, pleine de bon sens et certainement charmante et merveilleuse, est plus "parisienne", comme il le dit lui-même.

Mais le moment vraiment intéressant, ce fut le récit de sa rencontre avec Nicolas Sarkozy en février 2009. Aux dires de Saroumane, les deux hommes se rencontrent alors pour la première fois. Le président demanda alors au futur retraité-potager s'il accepterait d'être désigné pour prendre la tête de Radio France. Abandonnant là ses rêves de carottes et de navets, Saroumane réfléchit le temps "d'un milliardième de seconde" avant de répondre oui. Et pourtant, Nicolas (il faudra bien que je lui trouve un surnom à lui aussi) avait pris des précautions au préalable, par égard pour la "conscience et les convictions" de Saroumane.

Ce qui m'a tuer, c'est l'incohérence de son discours. Pour Saroumane, "le journalisme est le socle de la démocratie". Mais dans le même temps, Saroumane affirme aussi : "je n'aucun problème quant à la façon dont j'ai été désigné". Euh... Est-il sain que le président d'un groupe radiophonique aussi important soit nommé par l'exécutif ? J'ai eu le sentiment que de cela, Saroumane n'en avait cure. Il avait l'attitude d'un homme blasé. Déjà licencié et honni par le passé, la perspective d'être démissionné du jour au lendemain ne le gêne pas.

Et ça m'a littéralement écœuré, parce qu'à mes yeux, le journaliste, c'est une personne passionnée, et qui, s'il le faut, se met en danger. Tout cela a disparu chez Saroumane. Il n'y avait pas de passion dans sa voix et son potager lui sert de filet de sécurité. Cette disparition du journaliste en lui laissera peut-être de la place pour un gestionnaire de talent. Je l'espère, en tout cas, mais ma plus grande crainte aujourd'hui, c'est de finir comme lui.

Après avoir partagé mes impressions avec quelques autres élèves de Poudlard, je me trouve un chouïa hypersensible. Mais je ne voudrais pas remédier à cela, je ne voudrais pas devenir indifférent. Voilà ce que m'inspire Saroumane.

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(La seule photo potable que j'ai pu prendre. Je suis plus doué en choses insolites prises sur le vif.)

mardi, 13 octobre 2009

Inspiration

Toute la journée, je me suis demandé comment tourner de façon agréable et intelligible au commun des mortels l'espèce de cours-conférence-débat que nous avons eu à Poudlard aujourd'hui concernant la place du journaliste au sein des réseaux sociaux et d'Internet. En compagnie de d'un rédac-chef, nous avons réfléchi, nous nous sommes posé des questions, nous avons envisagé des modèles d'avenir qui mourront, nous avons pleuré à l'annonce de la mort du Rocky Moutain News, nous avons évoqué ce cher Maître Eolas que j'aurais été si j'avais continué en droit, et nous avons envisagé de nouvelles façons d'être journaliste, notamment en utilisant tous les outils qu'offre Internet (liens, blogs, Youtube, Twitter, Facebook, Google, séries en streaming). Mais c'était complexe, alors je bâillais déjà à l'idée d'écrire un post là-dessus, lorsqu'un courriel salvateur d'Albus Dumbledore me rappela la rencontre imminente entre les élèves de l'école et Saroumane*, le directeur de Radio France, nommé à ce poste par Nicolas Sarkozy en personne.

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Je me suis alors souvenu que j'avais été choqué par l'annonce de cette rencontre dès le départ. Explications.

Avant la loi organique du 5 mars 2009, les présidents directeurs généraux de France Télévisions et de Radio France étaient nommés par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA), une autorité administrative indépendante (c'est-à-dire que son fonctionnement interne ne dépend pas du gouvernement). Les membres du CSA sont au nombre de neuf. Trois sont nommés par le président de la République, trois par le Président du Sénat, et trois autres par le Président de l'Assemblée Nationale. À l'heure actuelle, les neuf membres du Conseil ont été nommés par des Présidents issus de l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP).

Comme l'écrit Jean-François Copé dans son rapport pour une "Nouvelle Télévision Publique" (PDF), avant la réforme, "le PDG de France Télévisions est désigné (et peut être révoqué) par le CSA, autorité garante de son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique". Ce qui chiffonne Jean-François Copé, c'est que le PDG est "nommé par une autorité qui n’est pas celle qui lui donne ses moyens financiers". Si on était un brin philosophe, on relèverait que l'ancien système recherchait "l'indépendance vis-à-vis du pouvoir politique". Le nouveau système, lui, se préoccupe avant tout de ce que les "moyens financiers" accordés par l'État à ces deux entreprises restent bien sous le contrôle de l'État. C'est comme si l'État décidait des études que tu dois suivre sous prétexte que tu es boursier. Dans le monde idéal de Jean-François Copé, "l’Etat, qui se trouve être à la fois actionnaire unique et financeur principal de la société, devrait avoir une capacité à juger et, le cas échéant, sanctionner celui qui la gère". En clair : ces sociétés ont beau produire de l'information et bénéficier, à ce titre, d'une certaine indépendance par rapport à l'État, l'important, c'est qu'il y ait un retour sur investissement. Oui, on parle bien d'un service public. D'ailleurs, l'indépendance, aujourd'hui, à quoi bon, hein ? Jean-François balaie le problème d'un revers : "la question de l’indépendance, notamment de l’information, ne se pose plus dans les mêmes termes à l’ère du développement de nouvelles technologies qui offrent aux téléspectateurs une multiplicité de possibilités de s’informer". Si les citoyens sont pas contents, ils n'ont qu'à aller s'informer ailleurs !

Depuis la réforme, le nouveau système est en vigueur. La loi dispose que la nomination des PDG des deux entreprises sera effectuée au moyen d'un décret adopté en Conseil des ministres (à la tête duquel on retrouve le Président de la République). Evidemment, il y a un garde-fou. A l'Assemblée Nationale et au Sénat, des commissions parlementaires sont chargées d'auditionner le candidat présidentiel nommé en conseil des ministres, ainsi que l'indique la loi : "la nomination intervient après la publication au Journal officiel de l'avis des commissions parlementaires". Ce qui est malin, c'est que cet avis n'est pas nécessairement positif. C'est juste un avis, hein. Mais ce serait trop gros quand même. Alors, il faut demander l'avis conforme du CSA. Et cet avis-là compte pour de vrai. Ah, quand même. L'indépendance est toujours là.

L'indépendance ? Euh... comme on l'a vu plus haut, les neuf membres du CSA ont été nommés par des dignitaires de l'UMP. De toute façon, que ferait-on avec de l'indépendance à notre époque ? La loi a d'ailleurs été approuvée par le Conseil constitutionnel, car elle respecte en tous points les dispositions de la Constitution.

L'on aboutit ainsi à une "gouvernance fermée, réellement cohérente" (©Jean-François Copé) où le Président de la République et ses amis nomment les personnes dont ils ont besoin pour nommer les personnes qu'ils désirent. Et c'est ainsi que Jean-Paul Cluzel, directeur général de Radio France depuis 2004, ne fut pas reconduit. Saroumane fut nommé à sa place le 12 mai 2009. Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il instituait ainsi un règne de transparence là où régnaient jusque là la dissimulation et l'hypocrisie. Question philosophique : faut-il bafouer l'équité et l'indépendance de façon franche ou sous un masque ?

Et demain, nous, élèves de Poudlard, bénéficierons de l'enseignement certainement plein de sagesse de Saroumane, qui évoquera, ainsi qu'il l'a souhaité, les grandeurs et les misères du journalisme d'aujourd'hui. Et nous aurons le droit de lui poser des questions. Youhou. D'autant plus que selon la tradition, cette leçon inaugurale "est surtout destinée à inspirer la scolarité des nouveaux admis".

Photo : LePost.fr

*Le nom de la victime a été modifié.